← Tous les articles

La rotation sectorielle, expliquée simplement

· 8 min de lecture

Les secteurs ne montent pas tous en même temps. Ce que la rotation décrit, comment on la mesure, et ce que notre backtest en dit vraiment.

Sur un marché qui monte de 8 %, tous les secteurs ne montent pas de 8 %. Certains font 15, d'autres reculent. Et l'ordre dans lequel ils prennent la tête n'est pas aléatoire : il suit assez régulièrement le cycle économique. C'est ce qu'on appelle la rotation sectorielle.

L'idée, sans le jargon

Quand l'économie accélère, les investisseurs préfèrent les secteurs qui profitent de la croissance : technologie, industrie, consommation discrétionnaire, matières premières. Quand elle ralentit, ils se replient sur ce qui se consomme quoi qu'il arrive : santé, alimentation, services aux collectivités. Les premiers s'appellent cycliques, les seconds défensifs.

La théorie est vieille et bien connue. Ce qui est difficile, c'est de savoir où on en est à un instant donné, sans se raconter l'histoire après coup.

Force et momentum : deux questions distinctes

Pour chaque secteur, nous calculons deux choses à partir des notes des titres qui le composent :

  • La force : la note moyenne du secteur. Où en est-il ?
  • Le momentum : la variation de cette note par rapport à la veille. Dans quel sens va-t-il ?

Un secteur peut être fort et s'essouffler, ou faible et se redresser. C'est le second cas qui intéresse le plus, et c'est exactement celui qu'une moyenne seule ne montre pas.

Le graphe de rotation relative

Le RRG, pour Relative Rotation Graph, croise ces deux mesures mais relativement au marché, pas dans l'absolu. C'est la nuance qui compte : dans un marché qui baisse de 10 %, un secteur qui ne perd que 3 % est en train de mener, même si sa performance est négative.

Quatre quadrants en découlent :

  • Leading : fort et qui continue de s'améliorer.
  • Weakening : encore fort, mais qui perd de l'élan.
  • Lagging : faible et qui s'enfonce.
  • Improving : encore faible, mais qui se redresse.

En théorie, un secteur les parcourt dans cet ordre, dans le sens des aiguilles d'une montre. En pratique il saute des étapes, revient en arrière et hésite. D'où la question qu'on s'est posée.

Est-ce que ça marche vraiment ? On a mesuré

Un mécanisme qui a l'air juste sur un graphique n'est pas une preuve. Nous avons donc écrit un backtest qui teste trois affirmations séparément :

  • Le momentum prédit-il quelque chose ? On classe les secteurs en trois groupes selon leur momentum, et on regarde le rendement des dix jours suivants. Le tiers de tête bat-il le tiers de queue, et à quelle fréquence ?
  • Les quadrants séparent-ils vraiment ? Leading et Improving surperforment-ils Weakening et Lagging ?
  • La rotation est-elle réelle ? On compte la part des transitions qui se font effectivement dans le sens horaire. Si elle est proche du hasard, le cycle est une figure de style, pas une mécanique.

Trois précautions de mesure, parce qu'elles changent le résultat. Les rendements sont winsorisés à plus ou moins 50 % : sans cela, une poignée de petites valeurs qui doublent en dix jours décide du verdict à elle seule. Les titres suspendus de cotation sont écartés par un garde-fou sur l'écart de dates. Et les verdicts s'appuient sur la médiane, pas la moyenne, précisément parce que la moyenne se laisse emporter par les extrêmes.

Ce que le résultat vaut, et ce qu'il ne vaut pas

Le verdict du dernier calcul est affiché dans l'application elle-même, en bandeau de la fenêtre de rotation, avec l'écart médian et le taux de réussite. Nous ne le recopions pas ici : un chiffre dans un article vieillit en silence, alors que le bandeau se recalcule.

Deux limites à garder en tête. La première : nous mesurons la rotation sur nos notes, pas sur les flux de capitaux. C'est un proxy défendable, pas la chose elle-même. La seconde : les paniers sectoriels de référence sont cotés aux États-Unis, donc pour un titre européen l'écart de change s'ajoute à l'écart sectoriel. La page l'indique plutôt que de le noyer.

À quoi ça sert concrètement

Pas à choisir un titre. À savoir dans quel environnement on choisit. Un bon dossier dans un secteur en Lagging rame contre le courant ; le même dossier dans un secteur en Improving a le vent avec lui. C'est un contexte, pas un signal, et la page Secteurs est faite pour ça.

La méthode complète est détaillée sur Méthodologie, et les termes employés ici sont dans le glossaire.


À lire ensuite
Comment lire une note sur 100
Une note n'est pas une prédiction. Voici ce qu'elle mesure vraiment, ce qu'elle ignore, et comment s'en servir sans lui faire dire ce qu'elle ne dit pas.
Ce que notre backtest ne dit pas
Un backtest est une simulation, pas une promesse. Les six limites du nôtre, écrites par nous, avant qu'on nous les oppose.

Les données et analyses présentées sont fournies à titre informatif. Elles ne constituent pas un conseil en investissement. Voir les mentions légales.